Journée mondiale de l’aide humanitaire : près d’un travailleur humanitaire détenu chaque jour, alors qu’INSO et Protect Humanitarians appellent à renforcer leur protection et leur soutien

De nouvelles données mettent en évidence la menace croissante d’arrestation et de détention à laquelle sont confrontés les travailleurs humanitaires, le personnel recruté localement représentant 88 % des personnes concernées. INSO et Protect Humanitarians appellent à davantage d’investissements dans la prévention, le devoir de protection (Duty of Care), ainsi que dans le soutien psychologique et juridique aux travailleurs humanitaires et aux membres de leur famille concernés.

Bruxelles, La Haye, 19 août 2026 — À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, l’International NGO Safety Organisation (INSO) et Protect Humanitarians (PH) attirent l’attention sur les risques croissants auxquels sont confrontés les travailleurs humanitaires. En 2025 seulement, 1 187 travailleurs humanitaires ont été victimes d’incidents de sécurité majeurs, soulignant le caractère de plus en plus dangereux des environnements dans lesquels le personnel humanitaire intervient.

Le Conflict and Humanitarian Data Centre (CHDC) d’INSO a recensé 959 incidents d’arrestation, de détention ou de privation de liberté de personnel humanitaire par les États entre 2020 et juin 2026, affectant plus de 1 700 membres du personnel. La privation de liberté est devenue une menace majeure pour les travailleurs humanitaires. Si les enlèvements restent un risque persistant depuis une dizaine d’années, les détentions par des acteurs étatiques constituent une préoccupation croissante dans de nombreux contextes d’intervention.

« J’ai été détenu arbitrairement en raison de mon travail humanitaire. Ce fut une expérience traumatisante. Les tentatives d’intimidation des travailleurs humanitaires et de les contraindre à suspendre leurs activités ne font que confirmer la pertinence de leur mission et renforcer leur détermination. Face à ces injustices et aux bouleversements du monde actuel, agir est un devoir. Nous avons besoin d’eux. Protégeons-les. » Travailleur humanitaire, détenu arbitrairement pendant 19 mois et membre du Global Survivor Network de Protect Humanitarians.

Malheureusement, cette expérience est loin d’être exceptionnelle :

« Nos données montrent que depuis janvier 2020, en moyenne, près d’un travailleur humanitaire est détenu chaque jour par les autorités étatiques. Cela ne concerne que les pays suivis par INSO et, par conséquent, le nombre réel est probablement plus élevé. Si les motifs de détention sont divers et que toutes les détentions ne sont pas arbitraires, environ un tiers des incidents de détention que nous avons analysés étaient directement liés à l’activité humanitaire de la personne détenue, que ce soit en raison de l’imposition d’entraves administratives, de tentatives d’ingérence dans la mise en œuvre des programmes ou de la criminalisation de l’action humanitaire elle-même. » Anthony Neal, Directeur des politiques, du plaidoyer et de la communication, INSO

« Les travailleurs humanitaires ne devraient jamais avoir à choisir entre venir en aide aux civils et assurer leur propre sécurité. Lorsqu’ils sont détenus ou attaqués, notre responsabilité ne s’arrête pas à demander leur libération ou à condamner l’attaque. Nous devons être à leurs côtés, ainsi qu’auprès de leurs familles, avant, pendant et après ces événements. Protéger les travailleurs humanitaires, c’est protéger le lien vital qui permet d’apporter une aide aux populations dans le besoin. » Olivier Vandecasteele, Fondateur et Directeur, Protect Humanitarians

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, INSO et Protect Humanitarians appellent les gouvernements, les bailleurs de fonds et les organisations humanitaires à faire de la protection et du soutien du personnel humanitaire une priorité concrète. L’action humanitaire ne doit pas être criminalisée ou entravée, et les organisations doivent disposer des ressources et des systèmes nécessaires pour se préparer aux incidents graves et accompagner les collègues concernés ainsi que leurs familles.

Renforcer la protection physique et la sécurité psychologique

Grâce à un projet financé par le Service public fédéral belge Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement, INSO et Protect Humanitarians mettent en commun leurs expertises complémentaires afin de renforcer à la fois la protection physique et psychologique du personnel humanitaire.

INSO apporte son expertise en matière de données et d’analyse de sécurité, de gestion de crise et de formation à la sécurité personnelle, tandis que Protect Humanitarians met à disposition son expertise fondée sur l’expérience des survivants dans les domaines de la santé mentale et du soutien psychosocial (MHPSS), de l’accompagnement juridique et du devoir de protection institutionnel (Duty of Care).

Ensemble, les deux organisations déploient des activités à l’échelle mondiale, notamment en matière de plaidoyer, de partage des connaissances, de soutien psychologique direct et de développement de ressources de formation accessibles à tous, tout en expérimentant des outils dans des contextes tels que l’Ukraine.

INSO développera et mettra à l’essai une formation Stress Exposure Personal Safety Training (SEPST) spécifiquement conçue pour le personnel national et de première ligne, afin de garantir que les outils pratiques atteignent les personnes les plus exposées aux risques. Protect Humanitarians travaillera avec des partenaires locaux pour renforcer leur capacité à fournir un soutien psychosocial aux travailleurs humanitaires affectés par la détention et la torture. L’ONG élabore également un guide pratique de bonnes pratiques visant à renforcer le soutien apporté aux travailleurs humanitaires et à leurs familles avant, pendant et après une détention arbitraire.

Ce partenariat repose sur un principe simple : sans personnel humanitaire protégé et soutenu, l’aide humanitaire ne peut être apportée aux personnes qui en dépendent.